MORMOR
some place else

Non loin de la soul électro mélancolique qui marqua ses débuts, Mormor continue son auto-médication à base de musique – le son comme thérapie contre les affres des tourments intérieurs, car l’artiste serait du genre créateur solitaire, il avait par exemple confié aux Inrocks lors de la sortie de son précédent EP l’avoir écrit dans une phase difficile pour lui – et propose sur son deuxième EP une pop toujours mélodique et empreinte d’un spleen délicat. Voix éthérée sur nappes ouatés, basse toujours diablement groovy, la musique du Canadien est en transit entre la haute atmosphère, avec des refrains haut perchés, libérateurs et enjoués, et un vague à l’âme chevillé au corps, à la façon d’un cordon ombilical qui relierait l’artiste à ses origines terrestres. Ces six titres renouvellent les promesses entrevues sur Heaven’s Only Wishful (un titre déjà porté vers l’évanescence) et confirment une capacité à être parfaitement accrocheur sans pour autant avoir transigé sur cette complexité, miroir des émotions et angoisses qui traversent toujours le jeune homme. Là où Some Place Else dévoile réellement une nouvelle facette, c’est en assumant des chansons plus courtes d’une part et une plus grande unité sur l’ensemble de l’EP ensuite. Ainsi, à la fois plus douce et concise, la musique de Mormor gagne en puissance et sérénité.

François Armand

Mormor / some place else (Canada | 1er mai 2019)

 

 

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