LES OISEAUX DE PASSAGE
Ciro Guerra & Cristina Gallego

Si le potentiel Hollywoodien de Ciro Guerra n’apparaissait qu’en filigrane dans L’Etreinte du serpent, il se développe considérablement dans Les Oiseaux de passage, accompagné de sa femme Cristina Gallego. La mise en scène des deux réalisateurs Colombiens se fait même d’une efficacité rare dans les (nombreuses) scènes de tension, jusqu’à éclipser les versants documentaire et poétique de ce deuxième long métrage, où l’on sent le couple moins inspiré. Cela peut sembler paradoxal tant Guerra et Gallego mettent un point d’honneur à ancrer son histoire de rivalité familiale dans les traditions ancestrales d’une peuplade de leur pays. C’est cet attachement aux racines de la Colombie qui fait la force et la faiblesse des Oiseaux de passage, dont la thématique revêt à la fois une dimension universelle (l’éternel drame humain du rise and fall, bien mené) et une autre, régionale (les rituels et croyances d’un autre âge qui semblent fasciner autant qu’embarrasser Ciro Guerra et Cristina Gallego) qui a tendance à atténuer la puissance simple du récit.

François Corda

| 10 avril 2019 | Mexique ; Colombie


 

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