ZOMBI CHILD
Bertrand Bonello

EnterreIl y avait un très beau terreau dans le projet Zombi Child de Bertrand Bonello. Déjà cette promesse de revenir aux sources d’une mythologie Haïtienne distordue par George Romero il y a cinquante ans : avec le réalisateur américain, le zombie passait du statut d’esclave noir possédé par la magie vaudou, coupeur de canne à sucre et déambulant la nuit (le I Walked with a Zombie de Tourneur) à un zombie mort-vivant, boulottant ses congénères jusqu’à plus soif, fer de lance d’un nouveau cinéma politique et gore. Ensuite, on savait l’auteur de Tiresia et de L’Apollonide capable de retrouver la poésie de Jacques Tourneur tout en l’actualisant à notre société nihiliste. Malheureusement l’hommage est trop poli pour nous faire oublier le dernier grand film vaudou en date, soit L’Emprise des ténèbres de Wes Craven. Qu’il s’agisse de la partie Haïtienne, presque documentaire, mais trop minutieuse et trop hachée pour nous emporter dans son sillage, ou de la partie française, plus irrévérencieuse (une école élitiste de filles de bonnes manières se déniaise en se la jouant Cercle des poètes disparus mode rap français trash) mais assez plan-plan, on a du mal à rentrer dans la mécanique binaire du film, qui lie artificiellement deux époques et deux genres cinématographiques (docu, donc, et teen movie).

François Corda

| 12 juin 2019 | France


 

Commencez à écrire et validez pour lancer la recherche.