Mahom, fusionnant électro-dub et engagement artistique, se distingue par une évolution musicale audacieuse depuis 2005, alliant racines reggae et influences électro. Leur prochain album, Rainbow Machine, prévu pour janvier 2025, explore de nouveaux horizons sonores tout en véhiculant des messages sociaux et environnementaux forts. Avec plus de 400 concerts à leur actif, le duo crée une expérience immersive qui transcende les genres et engage le public dans une réflexion profonde.
Les débuts et l’évolution musicale
Dans le paysage parfois convenu du dub français, Mahom fait office de trajectoire singulière. Né en 2005 de l’alliance entre Antoine et Joris, le projet s’est d’emblée positionné à la croisée des chemins, lorgnant sans vergogne sur la scène électro anglaise tout en conservant une dévotion quasi mystique aux racines du reggae.
En près de deux décennies, le duo a su éviter l’écueil de la redite. Si les premières productions affichaient un son plus brut de décoffrage, l’évolution vers des textures plus chiadées s’est affirmée au fil des ans, notamment à partir du tournant de 2014. C’est un parcours qui témoigne d’une maturité artistique, loin des sirènes commerciales et des formules éphémères.
Discographie et collaborations marquantes
La discographie de Mahom est le sismographe de cette évolution. Des premiers EPs comme Underground Dubwise (2011) et Dub by Sub (2012) jusqu’à l’affirmation de leur style avec The Skankin’ Cat (2015) et Fell In (2017), chaque sortie a consolidé leur signature : des rythmes saccadés et des basses profondes au service d’une narration sonore.
L’album King Cat (2019) agit comme une confirmation, un disque moderne qui subvertit les codes traditionnels pour mieux les réinventer. Fidèles à une certaine éthique de production, ils ont multiplié les sorties physiques avec une dizaine de vinyles, un geste qui ancre leur musique dans un rapport tangible, presque militant, à l’objet.
Rainbow machine : une exploration audacieuse
Prévu pour le 17 janvier 2025, le nouvel album Rainbow Machine n’est ni plus ni moins qu’une prise de risque calculée. Plutôt que de capitaliser sur une formule éprouvée, le duo élargit son spectre sonore de manière spectaculaire. Les onze titres de l’opus s’aventurent sur les terres de la dance, de la retrowave et même de l’afrotrap.
Cette audace formelle, incarnée par des collaborations comme celle avec la chanteuse Luiza, démontre une volonté de ne jamais s’installer. Rainbow Machine se révèle plus ludique que tourmenté, un tourbillon de ritournelles qui prouve que l’identité de Mahom réside moins dans un genre que dans une intention : celle de l’exploration constante.
Performances scéniques et festivals
C’est sur scène que la proposition de Mahom prend toute son ampleur. Avec plus de 400 concerts à travers l’Europe, le duo a transformé ses lives en véritables communions sonores. La complicité entre Antoine et Joris est palpable, créant une expérience immersive où la puissance des basses le dispute à la finesse des mélodies.
Leur présence dans des festivals de renom comme le Foreztival ou Couleur Café n’est pas anodine. Elle témoigne de leur capacité à fédérer un public large, bien au-delà de la niche dub. Chaque performance est un sacré tour de force, un voyage d’une heure et demie où la musique oublie de respirer pour mieux nous emporter.
Engagements sociaux et environnementaux
Loin d’être une simple machine à produire des rythmes, Mahom infuse sa musique de convictions profondes. Les thématiques abordées dans Rainbow Machine, de l’écologie à l’égalité des genres, ne sont pas un vernis opportuniste mais le prolongement naturel de leur démarche artistique.
Leur musique devient alors un véhicule pour des valeurs universelles de bienveillance, d’amour et de liberté. Sans jamais tomber dans le discours sentencieux, le duo utilise ses textures sonores pour poser des questions, pour éveiller les consciences. La puissance du message apparaît au grand jour, aussi direct qu’un uppercut.
