BAXTER DURY
the night chancers

EnterreN’y aurait-il pas une arnaque Baxter Dury ? Langueur, sensualité, crooner… Et si tous ces qualificatifs qui nous viennent à l’esprit lors de la première écoute (séduisante) de The Night Chancers n’étaient que les façades craquelées d’un royaume beaucoup moins accueillant, celui de la paresse et de l’ennui ?

The Night Chancers, on le comprend assez vite, repose sur deux ingrédients de prime abord très efficaces : le charme immédiat de la voix de Baxter Dury d’abord, qui maîtrise parfaitement son rôle (et son accent) de Barry White blasé. Et puis ce travail de production ensuite, qui nous enveloppe dans un salon cosy et gentiment décadent. Mais dans les faits, on l’entend assez peu la voix de Baxter ; comme si le chanteur assumait d’être le guest de son propre album, là sans être là, laissant les manettes à un groupe répétant à l’envi une formule musicale tout sauf magique : ligne de basse groovy, batterie bien terrienne, cordes disco et chœurs féminins lascifs… Voilà, le tour est (ou plutôt, se croit) joué.

Mais non. Le flegme british fait long feu. Le libidineux « I’m not your dog », qui ouvre The Night Chancers sur un arpeggio de basse synthétique savamment pompé sur le « Lemon Incest » de Gainsbarre, nous promet une soirée torride ; et on hérite, façon post coïtum animal triste, d’un après-midi autour d’un thé tiède et de scones mous. La présence d’un orchestre appliqué et de son  leader charismatique, visiblement la tête ailleurs, nous passent à peine l’envie de bailler aux corneilles.

François Corda

Baxter Dury / the night chancers (Angleterre | 20 mars 2020)

 

 

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