HUMANIST
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EnterreQui est Rob Marshall aka Humanist ? C’est la première question qui nous vient aux lèvres quand on apprend la liste de ses guests sur ce premier album : Dave Gahan (Depeche Mode), Mark Lanegan, Ron Sexmith… entre autres. Qu’un inconnu (ou presque, puisque Marshall est en fait collaborateur de Lanegan) puisse s’entourer de célébrités pour faire tourner son projet a quelque chose d’un peu dérangeant, qui évoque une sorte d’entre soi bourgeois et relègue d’ores et déjà l’audace d’un véritable premier jet au second plan. Sans vouloir sombrer dans le jeunisme (tous les intervenants ici ont plus moins la cinquantaine), Humanist manque clairement de cette innocence qui habite les meilleures premières œuvres. Autrement dit, sans être mauvais pour autant, Humanist sent trop le travail de technicien appliqué, et pas assez celui du musicien passionné.

La meilleure preuve en est sans doute cette production over the edge, assez vite fatigante et qui permet à moindres frais de produire un effet de disque « cohérent », mais où en vérité toutes les chansons frôlent la gémellité, noyées qu’elles sont sous une réverbération qui lisse toute dynamique. Derrière la façade brumeuse quelques belles compositions pointent toutefois le bout de leur nez, et si le simplisme n’est jamais loin, on peut s’émouvoir d’une prestation vocale (Dave Gahan, parfait dans « Shock Collar », et au départ presque méconnaissable), d’un riff stoner auquel s’acclimate parfaitement Lanegan (« Beast of a nation »), et de parties de guitare vénéneuses (« When the lights go out », « Skull » et « Shock Collar » avec Gahan donc). Mais venant de la part d’un homme spécialiste de la six-cordes (Guitarist Magazine considère Marshall comme l’un des meilleurs de sa génération, rien que ça), on reste dubitatifs ; car on cherche en vain une patte, un son, une couleur, n’importe quelle particularité à laquelle se raccrocher pour se convaincre que l’on n’a pas à faire à un songwiter finalement assez commun.

Chez Humanist, il est fréquent que les invités volent la vedette à l’hôte : et on a tout simplement l’impression que Rob Marshall, aujourd’hui sous les projecteurs, n’est pas vraiment à sa place. Ou plutôt que si lui parvient à se frayer un chemin dans la jungle médiatique, alors ce devrait être le lot de beaucoup d’autres.

François Corda

Humanist / humanist (Angleterre | 21 février 2020)

 

 

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