PARASITE
Bong Joon-ho

L’analogie de Parasite avec la précédente palme d’or, Une affaire de famille, est évidente. La pauvreté, la marginalité, la tromperie et l’indéfectibilité des liens familiaux, tout comme dans le Kore-eda, sont au coeur du dernier film de Bong Joon-ho. Mais le réalisateur sud-coréen, comme toujours, ne peut s’empêcher d’entremêler les genres. Parasite est donc tour à tour une comédie (comme souvent chez Joon-ho, c’est le versant le moins convaincant), un thriller (très efficace), un drame, et enfin une chronique sociale. Et c’est sur ces deux derniers terrains que l’on sent Bong Joon-ho le plus à l’aise. Le portrait de cette famille, à la fois beauf et maligne, est brossée avec une tendresse contagieuse. Quant au versant social, sur lequel l’influence de Claude Chabrol sur Bong Joon-ho n’a jamais été aussi évidente, on y perçoit une énergie glaciale, voire mortifère, qui confine au jouissif par la puissance d’un twist totalement inattendu.

François Corda

| 9 juin 2019 | Corée du Sud


 

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