TERRA WILLY : PLANÈTE INCONNUE
Eric Tosti

Terra Willy : Planète Inconnue a cette qualité qui fait parfois défaut à nombre de films d’animation pour enfant : à savoir éviter d’infantiliser (encore plus disons) le spectateur sous prétexte de lisibilité. Respectant un développement classique (situation d’équilibre, désir pour un monde merveilleux, basculement dans celui-ci, quête dans la grotte, retour, nouvel équilibre), le réalisateur Eric Tosti se réfère directement à la mythologie et à la pop culture. De fait, il parvient à agréger à des mythes ancestraux une vraie modernité. Entre relecture de Robinson Crusoé, du mythe de l’Enfant Sauvage (Tarzan, Mowgli…), un clin d’œil à Sisyphe (lorsque Willy pousse son robot désormais inerte dans la montagne) ou une réplique culte empruntée à Terminator, Tosti raconte une histoire universelle et surtout, jette des ponts entre technologie et nature. Car Willy se construira sur une planète sur laquelle règne un ordre écologique naturel, donc soumise aux lois parfois cruelles qui régissent l’équilibre entre les espèces, et avec un robot, potentiellement limité dans ces capacités d’analyse, sans opposer l’un à l’autre. Une manière de dire qu’il n’est pas question d’évoquer des valeurs morales, dans un contexte où l’écologie est au centre de tous les programmes politiques, qui verraient s’affronter d’un côté une nature idéalisée et de l’autre une technologie diabolisée. Les deux peuvent se compléter pour évoquer la sortie de l’enfance.

François Armand

| 3 avril 2019 | France


 

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