MARK MORTON
anesthetic

EnterreLorsqu’un guitariste quitte un temps sa formation pour une aventure solo, la tentation est grande pour un instrumentiste de laisser libre court à ses envies – peut-être contrainte dans le cadre d’un groupe ? – autour de la sacro-sainte gratte. Le principe d’Anestetic est plutôt intéressant, car le talentueux Mark Morton, des légendaires Lamb of God, se fait plaisir en invitant ses (nombreux) amis. Mais cela explique aussi pourquoi il montre tant de peine à se forger une identité propre : en se mettant au service d’un interprète par morceau, Morton se soumet aux univers de chacun, plutôt que d’en explorer d’autres.

Entre le « Cross Of » chanté par Chester Bennington (de Linkin Park, entre-temps suicidé) et le « Axis » avec Mark Lanegan (qui a officié par exemple au sein de Screaming Trees ou encore dans Queen of the stone age), le musicien se fond soit dans des paysages musicaux certes jamais explorés avec son groupe. Mais l’ensemble ne sort jamais de sentiers mille fois rebattus du (pop) rock metal Nord-Américain. Ce qui manque là, c’est bien à la fois l’alchimie d’un groupe (où chaque partie peut être sujet à négociations) et le cadre plus restrictif du thrash sec et rugueux si particulier de Lamb of God.

En l’état, Anestetic ressemble bien trop à une sage compilation des succès d’une scène formée sur les cendres de la vague neo metal des années 90. En ressort l’écoute distraite de ce qui ressemble à un jam sympa entre potes, et finalement, un vague agacement lorsqu’on s’aperçoit qu’au-delà de ces tapes amicales sur l’épaule il n’y a pas grand-chose d’autre.

François Armand

Mark Morton / Anesthetic (Etats-Unis | 5 mars 2019)

 

 

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