SOULFLY
ritual

Dès les premiers instants de l’album, tout y est : les rythmes venus des tribus primitives du fond des forêts, les chants incantatoires, une magie vaguement inquiétante, et puis le déluge, impérieux, emporte tout dans un torrent de décibels. Avec Ritual, l’infatigable Max Cavalera confirme sa grande forme, remarquée déjà avec Cavalera Conspiracy l’an passé.

La musique se fait ici entêtante et brutale à la fois, épaisse tout en étant subtile, démesurée mais maîtrisée. Oubliées les ouvertures vers la pop ou la world music qui marquèrent l’identité de Soulfly après le départ de Cavalera de Sepultura ? Pas du tout, elles se trouvent soit dans une douce conclusion, pleine d’arpèges, de nappes pop et de saxophones, soit dissimulées au détour de morceaux qui doivent tout au thrash le plus radical, voir à son cousin le death lorsque le tempo s’accélère encore et que la chant éraillé se fait guttural.

Après toutes ces années, Soulfly appartenait presque à cette catégorie de groupes mythiques, vestiges d’un passé révolu, dont on parle avec nostalgie. Ritual est là pour démontrer que Soulfly a su se réapproprier un glorieux héritage, l’exploiter avec une production impressionnante et se réinventer tout à la fois.

François Armand

Soulfly / ritual  (Etats-Unis | 19 octobre 2018)

 

 

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