NINE INCH NAILS
bad witch

Trent Reznor semble nous avouer qu’il est au bout du bout de son aventure avec Nine Inch Nails pour en arriver à s’autoplagier ainsi. Et si tout le monde ou presque semble s’accorder pour prétendre que Bad Witch est le meilleur disque de Nine Inch Nail depuis, au choix, dix ou vingt ans, c’est que ce monde là n’a pas écouté The Downard Spiral, The Fragile ou même With Teeth depuis à peu près le même temps. Car Reznor, s’il lorgne de façon évidente, dans le son et l’énergie, vers ses glorieux aînés, ne trouve dans Bad Witch qu’une matière un peu molle et grisâtre, où les chansons s’écroulent sur elles-mêmes au bout de quelques mesures. La faute d’abord à une production étonnement terne, qui semble oublier que Nine Inch Nails, dans ses meilleurs moments, a toujours su naviguer entre les extrêmes (une batterie affolante sur des nappes synthétiques, un beat électro sur des guitares acérées…). Mais la faute surtout à un Reznor qui semble incapable, depuis Year Zero, d’écrire à nouveau ces chansons déstructurées à la beauté malsaine dont il semblait le seul artisan.

François Corda

Nine Inch Nails / bad witch (Etats-Unis | 22 juin 2018)

 

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